Vendredi 27 novembre 2009
La chaîne de magasins Biocoop a décidé de ne plus distribuer d'eau minérale en bouteille à partir du 31 décembre de cette année. Ce spécialiste du bio argue qu'il va ainsi économiser 70 tonnes de plastique (il vend 1,6 million de bouteilles d'eau par an) et réduire son empreinte écologique de 35 tonnes d'équivalent carbone annuels, ce qui disons-le franchement est une goutte dans l'océan carboné...
Je comprends la démarche militante de cette enseigne, mais ce radicalisme met en perspective le retour à l'âge de pierre que nous prépare les écolos. Ces coups de boutoir contre l'eau minérale sont leur nouveau champ d'investigation avec de fourbes campagnes de presse qui vantent les mérites de l'eau de robinet.
Il est mensonger de dire que les eaux minérales sont équivalentes à l'eau du robinet : les premières sont naturelles donc bio et souvent goûteuses et délicieuses, alors que la seconde est traitée au chlore pour la laver de toutes les saloperies qu'elle contient. Dans toutes les régions de France, l'eau du robinet n'est pas bonne, essayez l'eau bretonne, c'est une horreur...
Réduire l'eau minérale à un déchet plastique (recyclable faut-il le préciser) témoigne de la mauvaise foi des écolos qui oublient un peu vite que nous vivons dans une société nomade, et pour ma part, je me vois mal me balader avec ma gourde en peau de zébu pour étancher ma soif au long de la journée. Enfin, il existe de nombreux pays où l'eau du "robinet" est imbuvable au risque d'attraper des diarrhées dévastatrices : ce qui n'a pas l'heur de préoccuper les écolos... 

    
Par Le captologue - Publié dans : Les objets
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Jeudi 26 novembre 2009
Le coup de gueule de l'homme d'affaires Pierre Bergé, link Président de Sidaction contre l'AMF, (Association française de myopathie) qui organise le Téléthon crée un drôle de malaise dans le business de la générosité.
En effet, à l'approche des fêtes de fin d'années, les associations caritatives et autres chassent le donateur pour lui forcer gentiment la main, en échange de quoi, il pourra déduire 50% de ses dons des impôts dans la limite de je ne sais plus combien... Cette attaque de Pierre Bergé est à mettre en perspective avec le livre d'un journaliste, Marc Reidiboym, titré "Donateurs, si vous saviez" (éditions Bernard Gobin) qui détaille la manière dont les OGN et associations d'aide aux personnes en souffrance collectent des fonds. Et on s'en doute, tous les moyens sont bons, dans la légalité tout de même... Ainsi, on apprend que les jeunes gens (avec un sac à dos et une parka aux couleurs de l'association qu'ils représentent) qui vous arrêtent régulièrement dans la rue, sont des "mercenaires". Entendez par là, ce sont des salariés embauchés par des sociétés spécialisées dans la collecte de fonds. Pour ma part, j'avais la naïveté de croire qu'ils étaient mus par la générosité... Dans la mesure où un recruteur alpague moins d'un client toutes les heures, selon Marc Reidiboym, le coût est élevé, très élevé. C'est aussi vrai pour les campagnes de marketing direct qui inondent les boîtes aux lettres pour un résultat évalué à moins de 5% de réponses positives, quand tout va bien.
Evidemment, il ne s'agit de jeter l'opprobre sur les associations qui se battent chaque jour pour aider les autres dans le malheur, mais il est difficile de ne pas penser à ces centaines de millions d'euros donnés par le chaland dont plus de la moitié (voire davantage) s'envole en frais de structures et de recrutements.
Les associations ont-elles le choix ? Vraisemblablement non, la charité est un produit comme un autre qui se vend avec les mêmes arguments qu'un yaourt ou un baril de lessive. L'émotion en plus, peut-être, pas sûr...         
Par Dominique Cuvillier - Publié dans : Les idées
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Mercredi 25 novembre 2009
Hier, une fois de plus, les postiers étaient en grève, toujours réfractaires à l'idée même de réformer leur activité qui se contracte dans un monde qui change.
La veille, "mon" facteur (une factrice en l'occurrence) avait pris soin de venir ramasser ses étrennes, en échange de quoi, j'ai eu droit au sempiternel "almanach du facteur". Par lâcheté et par faiblesse, je n'ai pas eu le cran de l'envoyer promener, j'ai donc lâché mon billet contre son calendrier. En pestant évidemment.
Pourquoi continuer à subir cette extorsion de fonds annuelle, alors que les postiers sont payés chaque mois, émoluments assortis de tous les avantages que confèrent le statut de fonctionnaire ?
Pourquoi persister à donner en échange cet objet désuet, ce calendrier immanquablement garni sur ses couvertures de chatons, de chevaux, de papillons, de fleurs ou de voiliers... avec à l'intérieur des cartes aussi laides graphiquement qu'inutiles ?
A l'ère des TIC, ce objet du siècle dernier et ses mièvres images, exprime trop bien la désuétude de cette institution vacillante, enlisée dans une vision passéiste de sa fonction sociale. Il est la partie visible d'une entreprise d'Etat arc-boutée sur une notion du "service public" à repenser complètement et qui n'y parvient pas.
L'année prochaine, je leur conseille de distribuer des clés USB avec des photos numériques et coquines de postier(e)s en goguette...  J'aurai moins de regret à lâcher mon billet pour leurs contestables étrennes...  
    
Par Dominique Cuvillier - Publié dans : Les objets
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Mardi 24 novembre 2009
Derrière ce titre simple et direct se cache un duo de livres que je viens de publier aux Editions du chêne, (mon éditeur favori, soit dit en passant...), l'un pour les femmes et l'autre pour les hommes, en effet, nous ne sommes pas tout à fait  "égaux/ego" devant le luxe.
Ces deux ouvrages livrés chacun dans un coffret recèlent ma vision du luxe aujourd'hui et demain, il s'accompagne d'un clin d'oeil symbolique avec une sélection d'objets et de marques très "attachants" qui incarnent la désirabilité, une forme de désirabilité.

Ce livre n'est pas une veule apologie du luxe (ce n'est pas mon style...), il explique pourquoi le secteur marchand du luxe apporte parfois ce supplément d'âme que nous cherchons tous quand nous sommes dans notre rôle de consommateur dans l'expectative d'une société où trop nous ait proposé. Nous vivons dans une société de consommation de l'excès et pourtant l'essentiel semble manquer : le désir.
Nous achetons souvent, trop souvent par "automatisme" tel ou tel produit parce que le voisin à le même, parce que c'est la mode, parce que l'on craint de ne pas être comme les autres, parce qu'il semble impératif de le posséder... Nous sommes portés par la folie compulsive de cette possession impérative, et de trop nombreuses marques de luxe ont su parfaitement jouer de cette compulsion pour vendre tant et plus, en dénaturant l'attente délicieuse du désir.
Une marque de luxe devrait jouer de cette tension, non pour créer le sentiment de manque, de frustration, mais pour stimuler l'imaginaire et les rêves pour se dire qu'un jour peut-être je pourrais acquérir tel objet "de luxe", ou peut-être pas, sans en être affecté.
En surplomb de cette approche gentiment philosophique, ce duo de livres dévoile sous la forme de chroniques en escalier, ma vision distanciée mais amoureuse du luxe...        








(Photos : D.R./Chêne) 
Par Dominique Cuvillier - Publié dans : Les objets
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Lundi 23 novembre 2009
L'éphémère est un insecte qui a la particularité de ne vivre qu'un ou deux jours, pas de quoi se tracer un destin...
Une durée de vie qui passionne les marques et les distributeurs, ils butinent sur le bitume pour faire éclore des pop up stores, des magasins éphémères, des espaces de ventes périssables jaillissant comme autant de fleurs attrayantes.
Après Comme des Garçons, Uniqlo (avant l'ouverture de son grand magasin parisien), Prada (et son splendide décor parisien place Beauvau), Louis Vuitton, Microsoft, Levi's, Nokia, Gap et même Procter & Gamble et bien d'autres..., c'est au tour du géant du jouet américain Toys'R'Us de s'implanter le temps des fêtes de Noël dans un espace éphémère de 700 m2 dans le centre commercial de Boissénart.
Ces éclosions de plus en plus nombreuses tiennent de la stratégie de "l'effet wahou" que recherchent les marques pour exister aux regards de badauds blasés par l'hyperconsommation, contraints financièrement par la crise.
Quand il est réussi, le pop up store fait événement et attire le chaland qui s'esbaudit et applaudit... parfois ! Dans un contexte de consommation molle et de multicanalisation de la distribution, les magasins deviennent un support media efficace pour aller à la rencontre des individus, entrer en relation, en conversation avec eux. Ils sont aussi un moyen de démonstration attractif pour promouvoir une nouvelle gamme, expliquer l'intérêt d'une innovation, tester la pertinence d'un merchandising, placer la marque dans un contexte où on ne l'attend pas forcément... C'est encore le retour du commerçant nomade qui va là où sont ses clients.
Pour le chaland consommateur, c'est une façon d'animer son goût du shopping qui tient plus du papillonnage distant que de la dépense joyeuse.  




(Photos : DR/Prada)      
 
Par Dominique Cuvillier - Publié dans : Les idées
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Pour écrire les nouvelles histoires du monde, il faut aller à l'intuition, laisser filer la pensée, il faut aussi savoir capter les mouvements d'une humanité agitée, éclatée. Rien de telle qu'une immersion permanente dans un bouillon de cultures. Culture économique, culture sociale, culture politique, culture artistique, culture marchande... : le regard doit être partout pour attraper d'un coup d'oeil le fugace, l'indicible.
Le captologue est un voyeur du moment présent qui ne ferme les yeux que pour imaginer de quoi demain sera fait.
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